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Marcel Segura n’est plus. Il s’est éteint, vendredi soir, à l’hôpital de Clermont-l’Hérault. Il était âgé de 87 ans. Ses obsèques civiles se dérouleront, ce lundi à 16h, au cimetière communal.
Avec lui disparaît une partie de la mémoire du village. Très estimé, il y comptait beaucoup d’amis. Il avait le don du contact et connaissait chaque habitant, ancien et nouveau.
Sa silhouette était familière à tous. Il s’asseyait presque chaque jour près du portail du parc municipal et il y restait rarement seul. Il amusait son auditoire par ses expressions pittoresques et maintes fois répétées.
Il y avait quelques semaines déjà qu’on ne le voyait plus. Son état de santé s’était rapidement dégradé et il avait été hospitalisé. Nombreux se proposaient d’aller lui rendre visite avant les fêtes de cette fin d’année.

L’homme était attachant. Après le décès de son épouse voici plusieurs années, ses voisins et voisines avaient veillé sur lui et s’étaient relayés pour lui rendre de multiples services.
Il était le fils de Vincent Ségura, déjà domicilié à Brignac en 1917, lequel s’était rendu dans la province d’Alicante en Espagne pour convoler en justes noces avec Dorothée. Les jeunes époux revinrent à Brignac où naquirent, le 31 mai 1920, Marcel, et quatre ans plus tard Antoinette.
Scolarisé à l’école communale, Marcel poursuivit ses études au collège de Clermont l’Hérault. Mais, peu avant la guerre d’Espagne, ses parents décidèrent de repartir de l’autre coté des Pyrénées. Ils ouvrirent un débit de boissons à Alicante. L’expérience fut de courte durée. Guerre oblige, la famille revint à Brignac. Nous étions en 1938. Marcel fut mobilisé. Il partit dans les camps de jeunesse militaire.
Après la libération, en 1946, il épousa Régine Moya, dont il eut une fille unique, Dany, qui, à son tour, enrichira leur descendance de deux enfants et deux arrières petits enfants.
Marcel avait exercé le métier l’ouvrier agricole. Reconnu comme un spécialiste de la greffe, il travailla pour presque tous les viticulteurs de Brignac jusqu’à la retraite.
Mais surtout il avait une passion : la photo et un gros défaut : la cigarette. Il avait dû, peu à peu, renoncer à la première, jusqu’à ce que sa vue ne la lui permette plus d’opérer. Il lui avait été encore plus difficile de renoncer à la seconde.
A l’annonce de sa disparition, un voisin et ami commentait : « Marcel, c’était l’oeil du diaphragme » pour dire la précision et la patience qui était la sienne, avant d’appuyer sur le déclencheur. Il était connu et reconnu par tous, amateurs et professionnels de la région.
Les responsables de « Vivre à Brignac » s’associent à la tristesse de sa fille, de son gendre, de ses petits-enfants et arrières petits-enfants et leur adressent leurs très sincères condoléances.