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Le maire était, mardi soir, ravi. Il souriait modestement. Les parents d’élèves, réunis dans la classe des petits de l’école communale, venaient de l’applaudir bruyamment. Quelques instants auparavant, il leur avait annoncé qu’un bungalow serait installé dans la cour de l’établissement pour la rentrée des vacances de février, c’est à dire le 3 mars, six jours avant le premier tour des municipales !
Le maire avait le triomphe discret. Il avait sans doute le sentiment d’avoir bien manœuvré dans cette affaire, en souffrance dès avant le début de la présente année scolaire. Dans un premier temps, le conseil municipal avait décidé la location d’un bungalow durant trois ans. Le temps de construire un nouveau groupe scolaire.
Devant les réserves de l’académie quant à l’affectation d’un troisième enseignant, en raison du nombre insuffisant d’enfants présents en octobre dernier, le maire avait revu sa position. Un certain nombre de parents avaient alors constitué une association et engagé une action auprès de l’académie. Ils ont obtenu, ces jours derniers, la promesse de l’affectation provisoire d’un remplaçant, en attendant la prochaine rentrée. Ce qui mettrait un terme au petit jeu « pas d’enseignant, pas de local » et « pas de local, ni assez d’enfants, pas d’enseignant » !
Henry Jurquet :
« Un marché de dupes »
Apprenant la nouvelle, Henry Jurquet, tête de la liste « Brignac avenir » face à celle du maire, a réagi vivement :
« Le maire sortant se donne le beau rôle. Or, la solution proposée est la démonstration du manque de prévision et de réflexion de sa part. Elle aurait du être mise en place il y a au moins trois ans. Résultat : à supposer qu’il ait un terrain disponible pour le dit groupe scolaire et qu’il en trouve le financement, celui-ci ne sera terminé que dans environ trois ans dans le meilleur des cas.
« Trois ans dans un bungalow pour des enfants- sans parler de l’espace restreint d’autant de la cour de récréation - au lieu d’être hébergés dans un local plus confortable, n’est-ce pas un marché de dupes, auquel les parents se doivent de réfléchir sans tarder ? Les petits avantages masquent souvent de gros inconvénients. Cela n’a jamais été aussi vrai dans notre village.»