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L’heure a passé très vite. Trop vite. Exquise, pleine de fraicheur grâce aux deux jeunes interprètes. Jean-François Martin a eu raison d’inviter, pour le 2ème concert d’été de la maison d’hôtes « La Missare », le ténor Pascal Marin et la pianiste Valérie Blanvillain. Tous deux ont conquis par leur talent, leur spontanéité, les nombreux mélomanes venus de toute la région, résidents et vacanciers.
Pourtant à lire à priori le programme proposé, le pari était osé. Une soirée romantique, des airs d’opéra français célèbres , donc rebattus, auxquels, par le passé, se sont confrontés tant de grandes voix : de Gluck « J’ai perdu mon Eurydice », extrait d’Orphée, de Gounod « Salut demeure chaste et pure » tiré de « Faust », « Ange du paradis » de « Mireille », « Ah ! Lève-toi, soleil » de « Roméo et Juliette », puis de Massenet « le rêve de Des Grieux » dans « Manon » et « Pourquoi me réveiller ? » dans « Werther » et, encore, de Bizet avec l’impérissable air de « Carmen », « La fleur que tu m’avais jetée ».
Pascal Marin a eu l’excellente idée de varier la soirée avec deux airs moins connus, l’un de « L’enfance du Christ », de Berlioz et « La berceuse de Jocelyn », de Godard. Cela a permis de confirmer l’impression première que sa voix mérite une scène plus vaste que la charmante terrasse s’ouvrant sur le beau jardin où le public était assis.
Et bien, notre jeune ténor – né à Montpellier, il est âgé de 32 ans – s’en est tiré à son avantage. Ce réel espoir du chant classique a été aidé subtilement par la gracieuse Valérie Blanvillain, 1er prix du concours international Claude Debussy, qui, depuis 1999, accompagne les chœurs de l’opéra national de Montpellier. Celle-ci a notamment ponctué le concert, les temps pour le chanteur de reprendre souffle, de pièces pour piano, œuvres de Satie, Gounod et Debussy.
Les applaudissements chaleureux que tous deux ont recueillis après chacune des interprétations étaient amplement mérités, d’autant qu’un léger vent contraire pouvait laisser craindre un piège pour le chanteur. Il y eut un rappel final qui s’imposait. Ensuite, artistes et public ont pu faire connaissance au cours d’un lunch, servi fort élégamment par Mme Marie-José Martin, Jean-François et de charmantes amies.