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Le « collectif de la Vallée de l’Hérault » vient de soulever un nouveau lièvre, si l’on excuse l’expression quand il s’agit d’un projet prenant totalement à contre-pied le citoyen. Le terrain concerné se trouve à Gignac. Plus de 4 hectares situés entre le centre du village, la ferme-auberge du Pélican, le camping à la ferme de l’Ermitage et la cave particulière de Salente, bordé en contrebas par le ruisseau du Rieutord. Il est question d’en faire un dépôt d’inertes !
Or, en 2004, la mairie de Gignac avait préempté une parcelle de 1 ha, 1906 ca, sur laquelle une propriétaire envisageait d’agrandir sa plantation de chênes truffiers. A l’appui de cette préemption, il était prétendu « la sauvegarde de la qualité du site, du milieu naturel, du paysage et son intérêt notamment du point esthétique, ce qui mérite de rentrer dans le patrimoine communal ».
Plus écolo que cela, difficile de trouver, d’autant qu’il était ajouté : « dans la cohérence de la politique environnementale, la commune de Gignac réhabilitera la zone de « Trotocost ».
Et de préciser encore : « La réhabilitation consistera à nettoyer et modeler les terrains d’emprise avec apport de terre, nivellement et plantations, nettoyage des berges du Rieutord et mise en valeur des arbres, mise en place de mobiliers urbains de pique-nique. »
Un centre de déchets...central
En fait, il faut désormais traduire : la parcelle, jadis préemptée, se trouvera située au centre d’un dépôt de déchets inertes intercommunal, envisagé et géré par le Syndicat Centre-Hérault, donc appelé à accueillir les rejets de 28 communes !
Pour ce faire, le conseil municipal, par délibération en date du 24 septembre 2009 a autorisé le maire de Gignac à signer un bail emphytéotique avec le dit syndicat pour une durée de 33 ans et la somme symbolique d’un euro !
Aucune information préalable n’a, semble-t-il, été donnée sur les conditions de cette réalisation appelée à drainer une noria régulière de camions à travers les rues étroites de Gignac, à polluer gravement le paysage d’un secteur touristique fréquenté, dans la perspective du chemin de croix de Notre Dame de Grâce, classé monument historique depuis 1985, à compromettre par fortes pluies les eaux du Rieutord. Plus question donc de pique-nique, de nettoyage et de mise en valeur !
Appel au Préfêt de Région
Les associations regroupées au sein du « Collectif avenir de la vallée de l’Hérault », dont « Vivre à Brignac », ont saisi, à nouveau, le préfet de Région, qui doit, en principe, se prononcer sur l’opportunité du choix de ce site.
Dans un courrier en date du 5 décembre 2009, elles suggèrent, tout en reconnaissant la nécessité d’un tel centre de déchets, une autre option, à savoir un des nombreux trous laissés à l’abandon par les anciennes sablières, près de la station d’épuration de Gignac, sur la route de Pézenas, d’un accès aisé pour les poids lourds, sans la traversée du village. Et, ce sous condition d’un plan de réaménagement paysager. A suivre, donc.