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Dans une page précédente (1), nous avons évoqué la possibilité pour le fleuve Hérault, obstacle naturel entre les territoires riverains de Gignac et Saint-André de Sangonis, de devenir au contraire un lien entre eux dans l’avenir grâce au programme « Valcordia », piloté par la communauté de communes de la vallée de l’Hérault.
Ttout naturellement, on aborde l’affluent du fleuve, la Lergue dont l’embouchure intéresse ces territoires mais également ceux de Brignac et Canet. Les « errements » de la rivière, c’est-à-dire les caprices de son lit, le « déracinement » du pont de Cambous, auquel il a été remédié récemment, sont les conséquences d’une exploitation intensive faite en amont par les carriers.
L’exploitation de carrières sur la commune voisine est une constante : celle de Baucerenque avec ses cicatrices, puis celle des « Blancous », bien avant 1962 et jusqu’en 1983. Sans parler de celles toujours en activité.
Aujourd’hui l’extension des carrières sur la commune de Saint-André de Sangonis, certes en aval de Brignac, va un peu plus compromettre la fameuse « coulée verte » du programme Valcordia.
Dans le même temps que l’on envisage la réhabilitation des anciennes gravières, » afin de les rendre compatibles avec la mise en valeur du patrimoine naturel, il faut, d’ores et déjà, prendre en compte celle des futurs « cratères ».
La réflexion est déjà engagée a propos des gravières du secteur de Gignac. Pour celles de Saint-André de Sangonis, selon une première estimation, il pourrait en coûter deux millions d’euros ou plus, à trouver, bien entendu, en grande partie dans la poche du contribuable.
Quel intérêt ? Demanderez-vous. Il est multiple :
- Pour l’homme tout d’abord. Le secteur Gignac- Saint-André de Sangonis- Brignac est l’un des territoires du département qui a connu la plus forte croissance démographique en ce début de siècle, car situé à l’intersection de l’A 75 et l’A 750, donc à un carrefour vital. Et les néo-ruraux sont en quête de lieux de loisirs sur les rives des cours d’eau et dans les bois, surtout en période de canicule.
- Pour la faune également. L’embouchure de la Lergue abrite une richesse avifaune importante. Les comptages effectués par la ligue de protection des oiseaux font état de la présence de 84 espèces remarquables. A l’appui, un inventaire des espèces doit être réalisé. En outre de nombreux oiseaux migrateurs y transitent. D’ailleurs, la commune de St-André a acheté des terrains en bord de Lergue. Elle y projette un parc ornithologique. Le classement de cet espace en réserve serait un premier pas avant la mise en place d’un « refuge ».
- Pour la rivière et la ripisylve. Les agriculteurs riverains sont soucieux de développer des produits « bio » avec ce même souci de préserver la qualité du cours d’eau et de l’aquifère. Une étude dynamique fluviale est d’ailleurs menée par le SMBHM pour définir des orientations de gestion de la ripisylve et du milieu.
- Pour la chasse. Loisir ancestral sur ce territoire que se partagent les quelques 170 « nemrods » saint-andréens et la vingtaine de Brignacois. Il va être indispensable d’en régler l’usage, c'est-à-dire les principes de la cohabitation entre chasseurs et les autres « visiteurs » des lieux, de plus en plus nombreux et assidus.
Pendant ce temps, le chantier de construction du transbordeur se poursuit comme prévu, malgré les recours intentés par les associations de défense de notre environnement.
(1) Voir nos pages publiées sur le sujet les 12 novembre 2009, 3 avril 2010, 22 avril 2010, 18 mai 2010, 29 juillet 2010, 26 janvier 2011 et 17 mai 2011