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boues urbaines : le "scepticisme" du conseil municipal

Le point ne figurait pas à l’ordre du jour de la séance du conseil municipal lundi soir. Abordé par le maire lors des questions diverses, il a néanmoins fait l’objet d’un débat avec le public. Jean Pierre Caucanas annonçait à ses collègues qu’il n’était pas au courant de ce projet et regrettait le manque de communication.

« depuis, j’ai pris des renseignements auprès d’ingénieurs et ils disent que, si, c’est fait dans les règles de l’art, il n’y a pas d’odeur », disait le maire qui met cependant quelques doutes. Tandis que Nadine Roçues, l’adjointe qui a assisté à la réunion de présentation du projet par la Saur à Clermont-l’Hérault, se déclare tout aussi sceptique: «Quand on nous a présenté le projet, de nombreux maires n‘étaient pas au courant du lieu d’implantation choisi, mais il faut reconnaître qu’ils n’étaient pas trop concernés ». L’élue se dit inquiète du tonnage et du nombre de communes qui pourraient venir apporter leur boue sur le site.

Plusieurs personnes de l’association Vivre à Brignac ont tenu à apporter leur témoignage. Justement parce qu’ils sont allés récemment à Bellegarde, dans le, Gard ,visiter une station du même type, inaugurée en 2003 par la Saur.

« Il pleuvait, Il n’y avait pas de vent et les techniciens étaient en train de manipuler des monticules de boue. Je peux vous dire qu’une odeur nauséabonde se dégageait à proximité », racontait l’un d’eux.

La réaction est la même pour un autre qui a interrogé les habitants du lotissement situé à environ 500 mètres de là. "Ils ont tous déclaré ne pas pouvoir ouvrir leur fenêtre ou manger sur leur terrasse l’été, lorsque le vent est defavorable, tellement l’odeur est intolérable . »

Les membres de l'association sont aussi allés visiter la station de boues de Nîines, placée elle, à plusieurs kilomètres des premières habitations. « A l’heure à laquelle nous sommes passés, il n’y avait aucune activité et pas d’odeur comparable, mais le ruisseau avoisinant avait une couleur peu limpide. »

Avec cet apport d’informations, tous les élus ont estimé que le lieu d’implantation entre les Tanes Basses, Canet et Brignac était mai choisi par la Saur, car trop proche d’une zone d’urbanisation et du vignoble sur une route touristique.

Le conseil municipal a décidé d’écrire au maire et conseiller général de Clermont-l’Hérault pour lui faire part de ses doutes.

(article paru dans Midi-Libre, édition de Lodève en date du 21-04-2007)

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