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Un plan stratégique régional de santé est en gestation. Il a débuté logiquement par une enquête, étayée par la publication d’un « atlas régional », poursuivie par une consultation de 1545 maires de la région, enrichie par des diagnostics territoriaux, restant à compléter par des conférences de territoires, installées en ce début 2011.
Professionnels, élus, usagers y sont donc associés. L’objectif est de déterminer, en fonction d’un état des lieux, les priorités d’une politique de santé au plus près des besoins de la population. Les premiers résultats en ont été publiés en novembre 2010.
Ce plan sera soumis, le 28 mars prochain, à l’avis de la conférence régionale de la santé et de l’autonomie, et, le 29 mars, au conseil de surveillance de l’Agence Régionale de la Santé. Ces deux institutions auront à entériner, voire à amender les propositions contenues dans ce plan, à savoir cinq principes d’action, cinq exigences professionnelles dans cinq domaines prioritaires.
Ce plan stratégique régional s’articule en trois parties : un diagnostic sur la situation de la région, des propositions de priorités d’actions, des modalités d’évaluation du projet et des facteurs-clés de succès.
Il parait prématuré de s’aventurer, pour l’instant, au-delà de la première phase : Le diagnostic. Celui-ci précise les contours d’une image régionale dont on connait plus ou moins les grands traits :
une photo plus précise de la région
-Le Languedoc-Roussillon, on le sait, est une région attractive, au fort dynamisme démographique. Elle compte 2.5 millions d’habitants, (au 8ème rang des régions françaises, 3.9% de la population métropolitaine). Ceux-ci seront près de 3.2 millions dans 30 ans, avec une progression de + 0.8% par an, soit deux fois plus vite que la moyenne nationale.
- L’essentiel de cette population est concentrée sur l’arc littoral (1 personne sur 3 vit au sein des communautés d’agglomération de Nîmes, Montpellier et Perpignan).
-Le principal moteur de cette évolution sont et seront les migrations interrégionales, dues en partie au « tropisme » : la retraite au soleil !
- D’où, selon l’INSEE, un indice d’accroissement du vieillissement de la population plus élevé (+79%) que dans le reste du pays (+67%), déjà nettement amorcé dans trois départements : les P.O., l’Aude et la Lozère. Et, d’ores et déjà, le problème de la dépendance se pose : à l’horizon 2015, plus de 47 000 personnes (6.3% de la population des 60 et plus) seront concernées.
-Fort heureusement, à la différence d’autres régions, confrontées au même phénomène, le Languedoc-Roussillon dispose d’une population active, dont le taux de croissance est le plus élevé de France, et susceptible, après formation, d’assurer les métiers liés à cette dépendance et aux services à la personne.
Riche et pauvre à la fois
-Dans une région de faible emploi, c’est là un gisement potentiel à prendre sérieusement en compte, un moyen, entre autres, de combattre la précarité d’une large part de la population : un enfant sur 4 vit sous le seuil de pauvreté, un adulte de 20-24 ans aussi et 60% des séniors ont de faibles niveaux de pensions. 11% de la population survit avec le RSA contre 7% au plan national, (avec la première place pour les Pyrénées-Orientales), en raison d’un taux de chômage de 12.6% au lieu de 9.3% pour la moyenne nationale. En outre, 26% des jeunes de 20-24 ans n’ont aucun diplôme.
- A noter également que la part des salaires dans le total des revenus est la plus faible de France, après la Corse. Mais, en contrepartie celle des retraites pensions et rente est la plus forte du pays !
-Enfin, les écarts de revenus et de niveaux de vie y sont parmi les plus importants. Trois ne nos départements figurent par le « Top 20 » de ceux où le revenu moyen des plus riches est le plus haut de France.
D’où l’intérêt de faire durer nos « papis et mamies » en s’occupant sérieusement d’eux et de les garder le plus longtemps possible parmi nous !
Tout dépendra en fait des moyens mis en œuvre, surtout dans notre arrière-pays. Espérons que cela ne se traduira pas par des suppressions ou des transferts, voire un éloignement des centres de soins, comme par exemple les laboratoires d’analyse ou de radiographie.
Ne dit-on pas que « l’enfer est pavé de bonnes intentions » ?