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Au cours d’une réunion en conseil privé, jeudi soir, la municipalité a décidé l’abattage de quatre pins presque bicentenaires, bordant le mur est du parc municipal et l’école communale. En application du principe de précaution. Et, ce, après la chute d’une grande branche, arrachée de l’un d’eux par la violente bourrasque en ce début de semaine.
Lundi matin, en principe, les ouvriers de l’entreprise Gustave Marc viendront les mettre à bas. Et il n’est pas impossible qu’ils ne soient pas seuls sur le terrain. Il est, en effet, des brignacois qui n’entendent pas admettre cette coupe rase. Ils en appellent d’ailleurs à tous leurs concitoyens pour empêcher un massacre hâtif.
« J’ai soixante enfants dans l’école. Il n’est pas question de leur faire courir un tel risque un jour de plus ! », a déclaré le maire, vendredi matin, sur un ton péremptoire. Et, pour faire passer la pilule, comme l’on dit vulgairement, il promet de faire planter dix autres arbres !
On est tenté de l’approuver sans réserve, si l’on ne se pose pas la question de savoir pourquoi – c’est son projet- il a fait construire, voici plus de sept ans, la nouvelle école au pied même de l’un d’eux, et comment se fait-il qu’il ait mis tant de temps à réaliser l’incongruité de ce choix ? Les parents d’élèves auront, à notre avis, une angoisse rétrospective à cette idée.
Car, ces arbres, plus que centenaires, étaient là bien avant son élection à la tête de la municipalité et même sa naissance. Et chacun sait qu’un grand pin, aux racines peu profondes par rapport à sa taille lorsqu’il dépasse les 10 mètres de haut, présente toujours un danger potentiel dans une région comme la nôtre, battue parfois par des vents violents, Ce qui est le cas chaque année
Pourquoi abattre tous les pins parasols et non pas le seul inclus dans la cour de l’école, précisément dans l’axe du bâtiment scolaire, représentant donc une menace possible ?
De même on peut s’étonner qu’il n’ait pas songé à les faire élaguer plus souvent, quoiqu’il en prétende le contraire. Il les voit, chaque jour, quand il gare ou récupère son véhicule dans la partie du parc, transformée en parking dans le cadre de son programme d’aménagement des espaces verts.
Alors, est-ce bien raisonnable, cette décision à l’emporte-pièce ? Pourquoi, cette précipitation soudaine ? Certes, à l’approche d’une élection, un élu doit rappeler qu’il a été mandaté pour veiller à l’intérêt de ses administrés.
Pourquoi donc, toujours à titre de précaution, ne pas faire table rase du parc lui même ? Une branche peut se détacher de n’importe quel arbre et tomber sur une personne ou un enfant. La responsabilité de la commune sera engagée tout autant.
Ni coupables, ni responsables, voilà des condamnés bien commodes pour se dédouaner d’une réelle incurie.