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Gaz de schistes ou le feu au lac

Les protestations des élus, tant de droite que de gauche, se sont multipliées contre les forages et la mise en exploitation de puits de fractionnement des roches de schistes pour en extraire le gaz piégé à l’intérieur. Aussi, le gouvernement a décidé, le 8 avril dernier, un moratoire afin d’annuler les permis accordés de recherche et d’exploitation. (1)

Près de 10 000 km2, situés dans le sud de la France, donc notre région, sont concernés par cette prospection autorisée par Jean-Louis Borloo, alors  ministre de l’environnement. Et, ce, dans la plus grande discrétion, comme chaque fois que se prépare un mauvais coup.

Car, les responsables des compagnies pétrolières savent non seulement les profits à en tirer, mais aussi les nuisances engendrées pour la nature et les hommes qui vivent dans les régions visées. Leur grand argument : assurer l’indépendance énergétique du pays. Voire, mais à quel prix ?

Or, les conséquences d’une telle entreprise sont catastrophiques : le procédé en lui-même exige une consommation considérable d’eau, c’est-à-dire entre 7 et 15 000 m3 par « fractionnement ». Précieuse est cette eau dans une région où elle fait souvent défaut.

Cette opération de " fractionnement" consiste à déclencher une explosion au milieu de la masse de roche de schistes détectée par le forage, souvent à grande profondeur, puis à injecter à très forte pression (600 bauds) une importante quantité d’eau. Il est possible de la répéter une quinzaine de fois par forage.

Le problème n’est pas tant cette consommation d’eau, que l’adjonction de quelques 586 produits chimiques, dont certains hautement toxiques. Et donc cette eau ainsi polluée ne peut être récupérée pour un autre usage. Elle va ensuite se mélanger aux nappes phréatiques, colorer le cours des rivières, s’infiltrer dans les puits artésiens, sans parler des dégazages indispensables et fréquents dans l’atmosphère. On pollue aussi l’air ! Sans parler du paysage lui-même, également mis à mal.

Des films, diffusés en salles de cinéma, mais aussi récemment à la télévision, illustrent la situation calamiteuse faite aux habitants de plusieurs états américains par cette exploitation qui représente déjà à ce jour 15 à 20% de la production de gaz aux U.S.A. 

 Les animaux domestiques, chevaux, chiens, chats, sont malades, perdent leur pelage. L’eau du robinet s’enflamme si l’on approche une allumette, illustration tragique de l’expression «  le feu au lac ». Cette eau a, en outre, une couleur marron. Des analyses l’ont déclarée impropre à la consommation. Et, curieusement, les responsables des sociétés qui exploitent ces forages affirment le contraire. Mais ils ont refusé d’en boire !

C’est ce qui nous a été promis, sans que nous l’ayons demandé. Et si un internaute a encore des doutes, il peut interroger Google avec les critères suivants : « exploitation gaz de schistes ». Il y trouvera articles de presse, émissions télévisées, indignation des habitants, déclarations enthousiastes de dirigeants des Etats Unis ou du Canada.

(1)    Voir nos articles parus les 8 février 2011, 8 mars 2011, 30 mars 2011 et 6 avril 2011.

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