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Salamane: la quadrature du triangle

Dans une page précédente, nous posons la question de l’avenir économique de notre région : touristique et … ou économique ? Le débat est ouvert. Les arguments ont déjà fusé entre pro et anti à propos du projet de la Salamane.

 Et, de fait, il ne faut pas laisser faire n’importe quoi. Notre environnement doit être respecté. Notre sécurité également. De nos jours, le citoyen ne se contente plus, d’effets d’annonce et de quelques mesures du genre « poudre aux yeux ». Il est également vain de vouloir lui dissimuler tel ou tel… « détail », généralement une nuisance potentielle.

Mais, les arguments à opposer doivent être plus probants que la dénonciation d’emplois sans grand intérêt : à ne considérer que ce soient les seuls proposés, il vaut mieux être cariste, magasinier, chauffeur routier, mécanicien ou personnel d’entretien que chômeur de longue durée. Il n’y a pas de sot métier…et il est préférable de vivre de son travail que de l’assistance publique. 

Des réactions à contretemps

Or, on s’émeut beaucoup moins lorsque des terres sont cédées à des carrières qui raclent le sol et laissent place à un no man’s land désolant. Les exemples  de friches irrémédiables ne manquent pas autour de nos  cours d’eau. Le tout au nom de quelques emplois à préserver. Trop tard pour s’en indigner.

De même, on ne s’est pas battu, au moment où il le fallait, pour s’opposer à la concurrence effrénée en gestation de la part des agriculteurs espagnols sur des terres, oh combien plus arides que celles de notre région. Trop tard pour réagir.

 Les mêmes causes ayant les mêmes effets, il en a été ainsi pour la viticulture méridionale dans les années 70-80, après la disparition, durant la décennie précédente, des vins « médecins » d’Algérie et, par la même, des « négociants » de Bercy, terme pudique pour désigner les « chimistes » du vin de table, mélangeant des 7 à 8° avec des 14 à 15°. Sans parler d’aucune anticipation de l’évolution des goûts du consommateur, déjà de moins en moins demandeur de la « bibine » ou du « gros rouge qui tache ». Il a fallu arracher. Trop tard pour s’en plaindre.

Depuis, fort heureusement, de nombreux viticulteurs languedociens sont redevenus des vignerons. Ils ont consacré beaucoup de moyens, d’efforts et de temps à reconvertir leur vignoble, à améliorer leurs cépages et leurs techniques de vinification.

Aujourd’hui, ceux-là n’ont pas à rougir de leur production, même s’il manque parfois à certains d’entre eux la fibre commerciale. Car il ne suffit pas de produire, il faut aussi vendre ! Mais les exemples de réussite ne manquent pas sur ce point.

Et les autres, qui n’ont pas su ou pu suivre cet exemple ? Eh bien, ils vendent leurs terres... au plus offrant.

Recours au tribunal

Résultat : le débat est aujourd’hui porté devant les tribunaux. Les magistrats sont là pour dire le droit, non pour dicter les besoins de l’économie et les moyens d’y répondre. On argue du discours sur la méthode et non du discours de la méthode.

On dénonce le passage en force des promoteurs, de la municipalité de Clermont-l’Hérault et de la Communauté du Clermontais, leur « discrétion » sur l’évolution de la procédure, mais aussi sur la teneur même du projet. On agite le chiffon rouge du soupçon sur leurs intentions, à dire vrai,  guère difficiles à éventer.

Et qui a vendu l’espace nécessaire au projet ? Comme dit plus avant, ce sont les hommes qui exploitaient des terres devenues beaucoup moins rentables ou s’y sont résolus, faute de trouver, à des conditions acceptables, des successeurs pour leurs exploitations ?

Faut-il se contenter de regarder passer ces flux migratoires sur les autoroutes, comme autrefois les paysans les trains avant de se décider à y monter pour tenter l’aventure ailleurs ?

Aussi, en ignorant l’évidence stratégique de notre région, n’est-ce pas là des escarmouches d’arrière-garde devant la réalité de demain, c’est-à-dire 2012. S’opposer obstinément à cette évidence, au lieu de la canaliser et de l’encadrer dans le seul intérêt de la préservation de notre environnement, n’est-ce pas vouloir résoudre la quadrature du… triangle ?

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