site d'information locale et environnementale
Quel avenir économique pour le Cœur d’Hérault ? C’est la question ou plutôt la réponse qui turlupine actuellement le microcosme politique local. Longtemps cul de sac, il faut s’en souvenir, le lodévois au sens large d’antan est devenu récemment, par la vertu de l’autoroute A 75, la porte sud du massif central et, au-delà, pour le Nord de la France et de l’Europe.
Sur la carte de notre région le Clermontais est à la croisée des chemins, c’est-à-dire de l’ A 75 vers Béziers, l’Espagne et le sud-ouest, et de l’A750 vers Montpellier, Sète ou Marseille, donc vers le bassin méditerranéen. Une « pate d’oie » dont la base est la ligne Nébian- Brignac- Saint-André de Sangonis et le sommet à une lieue au nord de Clermont-l’Hérault.
Et surtout un carrefour autoroutier stratégique. Il suffit, pour s’en persuader, de constater l’accroissement des flux migratoires dans les sens sud et nord ces dernières années. Le citoyen lambda étranger au Languedoc en est persuadé pour rejoindre et revenir de ses lieux de vacances.
A fortiori, les acteurs économiques de notre région mais aussi ceux du nord de la France et de l’Europe en sont de plus en plus conscients. C’est une évidence logique pour toute entreprise qui doit dispatcher des marchandises dans ces diverses directions.
L’A 75 est une parallèle « touristique » et surtout économique, car en grande partie gratuite, à la vallée du Rhône, souvent saturée et onéreuse.
Tourisme et… ou économie ?
On peut même s’étonner que cette évidence ne soit pas imposée plus tôt et plus rapidement. Cela est dû davantage à l’offre qu’à la demande. La « prudence » des responsables locaux est justifiée, il est vrai, par la crainte, aujourd’hui vérifiée, de la vague d’oppositions soulevée par le premier projet d’envergure, à savoir la ZAE de la Salamane. Et, ce, en raison de cette dualité : tourisme ou économie… ou tourisme et économie.
Le manque d’expérience en la matière s’est traduit par un déficit de communication. L’occasion, en l’occurrence « Système U », a fait le larron. Et, comme souvent en pareil cas, l’arbre cache la forêt. On ne voit maintenant que le « monstre » noir qui, demain, barrera l’horizon, mais pas la multitude de sociétés, de transport, de transit, mais aussi de sous-traitance susceptibles d’être entrainées dans le sillage de leaders de ce type.
Aussitôt, en contrepoint, on oppose la vocation viticole du terroir, on évoque avec nostalgie les wagons de raisin de table partant autrefois vers toutes les directions, la reconversion possible de nombre d’exploitations, l’opportunité d’offrir à des jeunes de devenir les « jardiniers » de demain. Mais aussi les nuisances d’un trafic routier lourd, un enlaidissement de l’environnement immédiat. Voire, plus inquiétant, un dépôt de matières potentiellement dangereuses. Tout ceci est exact.
On argue aussi, non sans raisons, de la vocation touristique de la vallée de l’Hérault et l’antinomie d’une telle « cohabitation » avec la « bétonisation » des meilleures terres arables.
(A suivre)