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Selon les conclusions du Grenelle de l’environnement, la commune est l’échelon le mieux adapté pour agir au plan de la biodiversité. Celle-ci est le carrefour d’une pluralité d’acteurs, citoyens, élus, agriculteurs, entrepreneurs, associations, dont les intérêts peuvent diverger, mais aussi le lieu ou s’entremêlent bâti, voirie, espaces verts, naturels et agricoles. Elle est un territoire de la biodiversité « ordinaire », souvent mal connue des habitants, qui s’interrogent guère sur l‘utilité environnementale de leurs bacs à fleurs ou de l’entretien des trottoirs.
Comment donc faire connaitre au niveau de la commune cette diversité biologique, comment sensibiliser les citoyens et les responsables des territoires sur les enjeux ? Les associations de l’environnement, mais aussi de chasseurs, de pécheurs, de défense des oiseaux et autres en sont, par définition, les interlocuteurs privilégiés des élus territoriaux ainsi que des représentants de l’état.
Ceux-ci doivent cesser de les considérer comme des gêneurs, des « fouille-merdes », selon l’expression peu châtiée de certains responsables d’organisations industrielles, de syndicats professionnels et de lobbies proches des administrations.
C’est que les initiatives des associations, constituées généralement en raison de violation flagrante de l’intérêt général, ont surtout eu jusqu'à présent pour objectif de dénoncer le non-respect des lois et règlements, voire des décisions de justice, donc les passe-droits, les manœuvres d’arrière-boutique au profit d’intérêts particuliers.
Mais elles peuvent également être constructives, agir sur le terrain, contribuer au dialogue, informer et être un appui appréciable pour les élus afin de leur permettre de prendre les bonnes décisions.
Et à propos de la biodiversité, il y a un large terrain d’action. Dans notre pays, une espèce d’oiseaux sur quatre, une espèce d’amphibiens et de reptiles sur 5, une de mammifère sur 10 sont menacées de disparaitre.
Derrière ces statistiques, en fait, c’est le fonctionnement des écosystèmes et les services qu’ils nous rendent, sans que nous en ayons conscience, qui est menacé. A terme, ce sont, en fait, nos activités et nos modes de vie qui seront remis en question.
A l’échelon de la commune, le maire et le conseil municipal peuvent agir directement en faveur de cette biodiversité, en l’intégrant dans leurs préoccupations concrètes, notamment dans une politique d’aménagement du territoire.
Dans les communes les hommes et les femmes ne manquent pas, qui ont une connaissance de cette biodiversité, mais souvent fragmentaire. Les sensibiliser à cette évidence, les inciter à confronter leurs savoirs, à les additionner, à les synthétiser. C’est dans ce but que l’association « Les éco Maires » a rédigé un guide qui incite chacun au pragmatisme, à bâtir et à faire vivre une stratégie locale en faveur de cette biodiversité.
Et ce à partir de quelques principes simples :
-la biodiversité se conjugue à l’échelle internationale et à celle de la commune, car cette dernière comprend toutes les formes du vivant et leurs interactions entre elles. Elle est la clef de voûte de l’organisation humaine et naturelle.
-L’homme dépend de cette biodiversité pour vivre. Et il doit avoir conscience que son action peut compromettre son environnement : la dégradation des milieux naturels, leur surexploitation par la chasse, la pêche, l’exploitation forestière ou minière conduit à la disparition de nombreuses espèces, tout comme l’introduction d’espèces exotiques se traduit souvent par un déséquilibre aux dépens de la faune et de la flore autochtones.
- favoriser la connaissance de la biodiversité sur le territoire communal et répertorier avec précision la diversité biologique locale.
-protéger l’existant dans la commune, dans tous les lieux connus, parc public, jardins privés (89% des foyers disposent en France d’un espace de jardinage lié à leur habitat principal), refuges ignorés de nombreuses espèces animales et végétales (papillons, oiseaux, petits mammifères, insectes, plantes).
-préserver cette biodiversité pour l’avenir en modifiant les documents d’urbanisme pour que soient prises en compte les enjeux de cette préservation par des mesures concrètes de « mieux-disant environnemental », en préservant les espaces boisés, en conservant des zones à caractère sauvage.
Encore faudra-t-il que cette prise de conscience soit effective, c’est-à-dire concrétisée par les élus dans des décisions claires et des actions réfléchies et éminemment pratiques.
A Brignac, comme dans nombre d’autres communes, nous en sommes encore loin. Très loin.