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Salle Georges-Brassens comble, vendredi dernier, à Clermont-l’Hérault, pour un sujet d’importance : le projet de ZAC dans la plaine de Salamane. Auditoire attentif, puis interrogatif. Questions et réponses ont permis aux uns d’exprimer leurs doutes ou leurs craintes, aux autres de calmer certaines inquiétudes, mais pas toutes.
Dès avant le passage des grilles d’entrée, le ton était donné : un groupe du « collectif » opposé au projet résumait dans un tract les neuf raisons de son hostilité et dans une formule : « Il n’est pas trop tard »… pour le stopper.
Ce n’est toutefois pas l’impression retirée au terme de cette réunion, dite de « procédure de concertation préalable ». Les conseillers communautaires, qui entouraient M. Alain Cazorla à la tribune, ont, tour à tour, analysé les cinq points essentiels soulevés.
En préambule, M. Alain Cazorla a rappelé la démarche suivie tant par la Communauté du Clermontais que la commune de Clermont : enquêtes publiques, débats avec les collectivités et les associations.
Puis, M. Alain Pardailhé, responsable du service d’urbanisme de la Communauté, a présenté les données techniques à l’aide de quatre panneaux et une dizaine de diapositives. Au total 11 études : de la topographie aux énergies renouvelables en passant par l’hydraulique, le trafic routier, ou l’aspect paysager….
Deux accès à la zone
Ainsi, a-t-il été précisé le périmètre de la Z.A.C., son accès immédiat depuis le rond point sud de la bretelle de l’autoroute A 75, un second à partir d’un autre rond point, à réaliser à l’aplomb du chemin dit de Pézenas qui part, pour les Brignacois, du calvaire à la sortie sud du village et aboutit à la RD 2 qui relie directement Clermont-l’Hérault à Canet.
Sur les 70 hectares que couvrira la zone, 20 has seront pris par une voirie, large à son accès, de 47 mètres, dont une voie piétonne, ainsi que par quatre bassins de rétention et des espaces verts. A noter : quelques 110 mètres sépareront la RD 2 de la lisière des lots riverains.
Sur les 50 autres ha, qui seront vendus aux entreprises, « Système U » en occupera 15 au départ, puis 21. Le reste de l’espace sera partagé en macro-lots susceptibles toutefois d’être partagés eux-mêmes en fonction de la demande.
Une perte de 3 000 hl
L’impact agricole a été ensuite estimé. Selon l’association « Clochers et terroirs » la perte de récolte sera de 3 000 hl sur 180 000. Les 30 propriétaires des parcelles concernées ont accepté de vendre, sauf un.
Ceux qui ont arraché leurs vignes pourront récupérer leurs droits et replanter ailleurs. Notamment, a-t-il été suggéré, sur les coteaux d’Aspiran où 10 has de terrains sont disponibles. « Terres vivantes » pourra accompagner les demandeurs dans leur démarche.
Pas d’ordures ménagères sur la zone
L’aspect environnemental n’a pas été, lui aussi, éludé. Un cahier des charges a été élaboré afin de réduire au maximum l’impact visuel et sanitaire. Il concerne 20% des travaux prévus : eau, assainissement, énergies renouvelables, mais aussi constructions environnementales.
A propos des déchets, Ils seront traités sur la zone. Un accord particulier doit être trouvé avec le syndicat Centre-Hérault. Car, il n’y aura pas d’ordures ménagères et donc les entreprises qui s’y implanteront ne seront pas soumises à la taxe afférente.
Sur une diagonale autoroutière
L’aspect économique a été ensuite précisé. Pourquoi la Salamane ? En raison de la proximité de deux autoroutes gratuites, sur la diagonale qui les relient Nébian, Brignac, Saint-André de Sangonis, un accès immédiat à l’A 75, et, surtout à 30 minutes de Béziers et de Montpellier.
Pourquoi une ZAC, c’est-à-dire commerciale ? Pour éviter une déperdition du tissu économique, pour combler le déficit en surface d’activités du Centre-Hérault, pour créer à l’instar des « Tannes basses », de superficie équivalente, quelques 500 à 600 emplois supplémentaires, pour répondre également à la demande déjà exprimée par certaines entreprises désireuses de s’implanter dans la vallée.
Objectif financier : l’équilibre
Enfin, l’objectif financier de l’opération pour le conseil communautaire, présenté par M. Jean-Claude Lacroix, est l’équilibre et rien d’autre. Acquisition des terrains, aménagements, le tout estimé à 17 millions d’euros, doivent être couverts par la vente des lots et par deux subventions d’un million chacune.
Bien entendu, un « emprunt-relai » sera indispensable, même si la commercialisation des dits lots est déjà en cours. En effet, celle-ci s’étalera inévitablement sur 5 à 10 ans. Comme ce fut le cas aux « Tannes Basses ».
Quant au prix du mètre carré consenti (21 €) à « Système U », a-t-il été assuré, « il n’est en aucune façon un cadeau » et, ce, en raison de la superficie acquise, mais aussi des aménagements identiques à des parcelles de bien moindre importance Ce qui sera le cas sur les 30 ha prévus pour les autres entreprises.
«40 € seront un prix d’équilibre » a précisé M. Alain Cazorla. En effet, il pourra même atteindre dans certains cas 60 € comme à Paulhan ou encore 65 € comme aux « Tannes Basses ». Tout dépendra donc de la surface mais aussi de son emplacement.
(A suivre)